De Antoine Bauza & Bruno Cathala, illustré par Miguel Coimbra, édité par Repos Production (Asmodee).
Pour 2 joueurs, dès 10 ans, parties d’environ 30 minutes
Antoine Bauza et Bruno Cathala, ce sont deux piliers du jeu de société moderne.
Quand 7 Wonders Duel sort en 2015, aucun des deux n’a besoin de se présenter : ils font déjà partie des auteurs les plus joués au monde.
Antoine Bauza s’est imposé avec 7 Wonders (2010), Hanabi (Spiel des Jahres 2013) ou encore Takenoko. Il est reconnu pour sa capacité à créer des jeux accessibles, élégants, aux mécaniques claires, capables de toucher un public très large sans renoncer à la profondeur stratégique.
Bruno Cathala, de son côté, enchaîne depuis le début des années 2000 les jeux marquants : Kingdomino (Spiel des Jahres 2017), Five Tribes, Abyss, Cyclades ou Mr. Jack. Il est souvent associé à des jeux plus interactifs, parfois plus agressifs, où le tempo et le positionnement des joueurs sont essentiels.
De bien des façons, 7 Wonders Duel ressemble à son grand-frère 7 Wonders car les joueurs acquièrent des cartes au cours de trois âges, ces dernières fournissant des ressources ou faisant progresser leur développement militaire ou scientifique afin de développer leur civilisation ou bâtir des merveilles.
Ce qui est différent avec 7 Wonders Duel, c’est que, comme le titre le suggère, le jeu est uniquement pour deux joueurs. Les joueurs ne tirent pas simultanément des cartes à partir de mains de cartes, mais à partir d’un mélange de cartes face cachée et face visible disposées en formation pyramidale au début de chaque âge. Un joueur ne peut prendre une carte que si elle n’est pas couverte par d’autres, donc le timing et les choix que vous allez faire sont cruciaux. Comme dans le jeu original, chaque carte que vous acquérez peut être construite, défaussée pour des pièces de monnaie ou utilisée pour construire une merveille.
Chaque joueur commence avec quatre cartes merveille, et la construction d’une merveille donne à son propriétaire une capacité spéciale. Cependant, seulement sept merveilles peuvent être construites, de sorte qu’un joueur se retrouvera dans l’impossibilité de bâtir ses quatre.
Les joueurs peuvent acheter des ressources à tout moment, ou ils peuvent acquérir des cartes au cours de la partie qui leur fourniront des ressources pour la construction future ; lorsque vous acquérez des ressources, le coût de ces ressources augmente pour votre adversaire, ce qui représente votre domination dans ce domaine.
Un joueur peut gagner une partie de 7 Wonders Duel de l’une des trois façons suivantes :
Chaque fois que vous acquérez une carte militaire, vous avancez le marqueur militaire vers la capitale de votre adversaire, vous donnant un bonus à certaines positions ; si vous atteignez la capitale de l’adversaire, vous gagnez la partie immédiatement par domination militaire.
De même, si vous acquérez six des sept symboles scientifiques différents, vous obtenez la domination scientifique et gagnez immédiatement
Si aucune de ces situations ne se produit, alors le joueur avec le plus de points à la fin de la partie gagne.
Tout une histoire !
| Année | Édition / Extension | Détails VF | Prix moyen constaté |
|---|---|---|---|
| 2015 | 7 Wonders Duel (Repos Production / Asmodee) | Jeu de base exclusivement pour 2 joueurs. Mise en place en pyramide, trois conditions de victoire (militaire, scientifique, civile). Illustrations de Miguel Coimbra. | 💰 23 € |
| 2016 | 7 Wonders Duel : Panthéon | Première extension officielle. Ajout du plateau Panthéon, des divinités, de nouveaux effets et de deux merveilles. Accent sur le timing et les pouvoirs ponctuels. | 💰 18 € |
| 2020 | 7 Wonders Duel : Agora | Seconde extension. Introduction du Sénat, des sénateurs et des cartes complot, avec une nouvelle condition de victoire politique. Interaction renforcée. | 💰 20 € |
| 2020 | 7 Wonders Duel – réédition graphique | Refonte légère de la boîte (charte Asmodee actualisée). Contenu et règles strictement identiques à l’édition 2015. | 💰 23 € |

Il est vraiment chouette, ce 7 Wonders Duel.
Chaque partie a sa propre physionomie, mais il garde ce petit défaut assumé : si on se rate au début, le retour est parfois compliqué. Un mauvais choix au premier âge peut peser longtemps, et le jeu ne fait pas toujours de cadeau à celui qui prend du retard trop tôt.
Cela dit, ce n’est pas forcément un défaut. C’est même ce qui fait sa tension permanente : ici, on joue sérieux dès la première carte.
Les extensions méritent clairement un mot.
Panthéon et Agora ajoutent de l’épaisseur sans dénaturer le cœur du jeu. Elles ouvrent de nouvelles voies de victoire, apportent du contre-jeu et obligent à lever encore un peu plus la tête de son propre plateau pour surveiller l’adversaire. On gagne en possibilités, en lecture de jeu, en coups tordus parfois.
Surtout, ces extensions ont l’intelligence de ne pas alourdir ni rallonger les parties. Le rythme reste tendu, les choix restent tranchants, et on ne perd jamais ce face-à-face sec qui fait l’identité de 7 Wonders Duel. Elles ne sont pas indispensables, mais elles prolongent la durée de vie du jeu sans le trahir.
Au final, 7 Wonders Duel reste un jeu exigeant, parfois un peu dur avec les erreurs, mais toujours juste. Un jeu qui récompense l’anticipation et la vigilance… et qui, dix ans plus tard, continue de sortir de l’étagère sans se faire prier.
