J’ai encore buté un illustrateur…

Oui oui, c’est de l’IA

On m’a récemment écrit que le fait d’utiliser l’intelligence artificielle pour illustrer certains de mes posts participait activement à la destruction du métier d’illustrateur.
Pas pour écrire mes textes, là, ça va. Pas pour réfléchir à ma place , ça aussi, on me laisse encore le bénéfice du doute.
Non. Le problème, ce sont les images. Deux images par mois. L’apocalypse arrive doucement, manifestement.

Mon site ne me rapporte absolument rien. Pas un centime. Pas une bannière publicitaire. Pas un partenariat discret planqué en bas de page. Rien. C’est un espace d’expression et d’amusement, pas une activité économique.
Donc si je n’utilisais pas l’IA pour illustrer certaines mini-brèves, que se passerait-il ? Est-ce que je commanderais une illustration originale à un artiste ? Non. Parce que je ne peux pas rémunérer quelqu’un pour un projet qui ne génère aucun revenu.
Donc soit j’utilise une image gratuite issue d’une banque en ligne, soit je ne met pas d’image du tout.
Dans les deux cas, aucun illustrateur n’aurait été rémunéré.
On ne peut pas supprimer un emploi qui n’existait pas.

Ce qui est intéressant, en revanche, c’est la morale sélective qui entoure l’IA. Utiliser une banque d’images gratuite ? Aucun souci. Pourtant, une part croissante de ces visuels est aujourd’hui générée par intelligence artificielle. Mais comme c’est indirect, c’est plus confortable.
Utiliser l’IA pour corriger des règles de jeu ? Pas de scandale.
Utiliser l’IA pour structurer un texte ? Pratique.
Voir des graphistes professionnels intégrer l’IA dans leur workflow ? Moderne, efficace, adapté à l’époque.
Mais générer une illustration ponctuelle pour accompagner une brève non monétisée ? Là, soudainement, on franchirait une ligne rouge.

Pour ma part, je n’utilise pas l’IA pour remplacer une compétence artistique. Je l’utilise comme j’utiliserais n’importe quel outil contemporain : pour clarifier une idée, structurer un propos, illustrer un thème de manière simple. Les images générées ne sont ni des œuvres d’art vendues, ni le cœur du contenu. Elles accompagnent un texte. Elles suggèrent une ambiance. Elles font le travail qu’on leur demande : illustrer. Rien de plus. Rien de moins.

Et soyons honnêtes : l’intelligence artificielle est déjà partout. Dans nos correcteurs orthographiques. Dans nos moteurs de recherche. Dans nos logiciels de création. Dans les outils que nous utilisons sans même y penser. Elle ne débarque pas. Elle est installée.

Refuser son existence serait naïf. La diaboliser globalement serait simpliste.

La vraie question n’est probablement pas “faut-il utiliser l’IA ?” parce que la réponse est déjà sous nos yeux. La vraie question serait plutôt : dans quel cadre, avec quelle transparence, et avec quelle cohérence ?
Je n’évince aucun professionnel rémunéré. Je ne produis pas en masse. Je ne cache rien. Je n’en fais pas un étendard. Je n’en fais pas non plus un tabou.
Je l’utilise parce que c’est un outil de notre époque. Parce qu’il m’aide. Parce qu’il me permet d’illustrer un propos sans budget. Parce que, parfois, il est plus simple de générer une image que de passer vingt minutes à chercher une photo “gratuite” dont on ignore l’origine réelle.

Je continuerai donc à utiliser l’IA, raisonnablement, ponctuellement, en conscience.
Et si l’apocalypse des illustrateurs commence par une mini-brève non monétisée, alors le problème est probablement un peu plus vaste que ce site.

Maintenant, je suis ouvert pour parler éthique, modèles économiques, rémunération des créateurs. Parlons de la valeur que nous accordons aux contenus.

Bisous !

 
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Rédigé par
Du rab de Jude_Maw
Nippon: Keiretsu
J’adore ce jeu et comme il est hyper rare que What’s Your...
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