Une ziggourat perdue, des esprits de feu, un dragon qui ferait presque regretter d’avoir quitté le canapé. Avec Ziggurat, Rob Daviau et Matt Leacock ( oui, les papas du legacy moderne ) descendent de leur piédestal expert pour s’adresser aux familles. Six chapitres, des choix qui laissent des traces, et une promesse : prouver que l’aventure évolutive n’est pas réservée aux joueurs qui lisent les règles comme un roman russe.
Je l’avoue sans détour : Matt Leacock est un de mes auteurs fétiches. L’Île Interdite pour la tension accessible, Les Aventuriers du Rail – Légendes de l’Ouest pour l’élégance du récit qui s’installe, Daybreak pour la coopération moderne et engagée. À chaque fois, une même obsession : faire coopérer sans étouffer, mettre la pression sans noyer sous les règles.
Il n’y a finalement que Pandemic (trop réactif, trop mécanique dans son urgence permanente ) qui m’ait laissé à distance. Ironique, quand on sait que c’est lui qui a bâti la légende. Mais justement : chez Leacock, ce que je préfère, ce n’est pas la gestion de crise pure. C’est la sensation d’aventure partagée, la montée en puissance collective.
Si Leacock sait créer la tension coopérative, Daviau sait lui donner une mémoire, Rob Daviau est l’un des auteurs américains les plus influents du jeu de société moderne. Il s’est d’abord fait connaître chez Hasbro, notamment avec Heroscape, jeu de figurines modulable devenu culte. En 2011, il bouleverse le paysage ludique avec Risk Legacy, premier grand succès du format legacy. Il y introduit l’idée que les choix des joueurs modifient durablement le matériel et la campagne.
On lui doit aussi Downforce, course tendue et élégante, ou encore Thunder Road: Vendetta, explosif et spectaculaire. Bref, on lui doit beaucoup !

Quelque chose s’éveille
La Ziggurat est abandonnée depuis des siècles. Recouverte par le lierre, elle est si ancienne qu’elle tombe en ruines. Ses couleurs autrefois vives sont maintenant délavées, ternies par les intempéries. Le village qui entoure la structure se meurt, délaissé par la plupart de ses habitants. Et pourtant quelque chose s’agite dans les profondeurs de l’édifice.
Selon la légende, un dragon y a vécu, mais c’était il y a des centaines d’années. Aujourd’hui, c’est un endroit où poussent les mauvaises herbes.
Récemment, certains habitants ont aperçu des esprits du feu sur différents niveaux de la Ziggurat. Les anciens du village ont alors demandé à des volontaires d’yenquêter.
Ziggurat est un jeu Legacy dont l’histoire se déroule sur 6 chapitres : les décisions que vous prenez au cour de chaque partie affecteront les suivantes. Au fur et à mesure de l’histoire, vous modifierez de manière permanente la campagne en ajoutant de nouvelles règles, de nouveaux éléments de jeu, et même des autocollants sur le plateau !

C’est enfin votre chance d’être un héros !
Dans le premier chapitre, vous devez faire grimper tous les héros jusqu’au dernier niveau de la ziggourat. Si un héros est éliminé ou si une condition de défaite est remplie, la partie est perdue pour tout le monde. Chaque chapitre ajoute ensuite des règles ou du matériel, mais la base reste la même.
À son tour, un joueur :
Joue la carte de sa main : La partie haute de la carte permet d’effectuer des actions : se déplacer, monter d’un niveau, pousser un esprit, aider un allié…
Applique l’effet des esprits : La partie basse de la carte déclenche leur progression ou leurs attaques.
Si un héros se retrouve sur la même case qu’un esprit au mauvais moment, il risque d’être brulé ou éliminé.
Certains espaces (comme des trous) peuvent provoquer une défaite immédiate si un héros y tombe.
Ziggurat se joue en 6 chapitres successifs.À chaque victoire (ou parfois après une défaite), on ouvre une enveloppe :
nouvelles règles
nouveaux éléments de plateau
nouveaux pouvoirs
modifications permanentes
Le jeu évolue progressivement, devenant plus riche au fil des parties, plus complexe, mais pas forcément plus dur.

La verticalité comme dramaturgie
L’idée géniale du jeu est la ziggourat. Pas un plateau plat. Pas une décoration. Une structure en 3D, à gravir physiquement.
On voit la progression. On voit la chute possible. On voit les goulets d’étranglement où tout peut basculer.
Chaque étage franchi est une petite victoire collective. Chaque niveau supérieur réduit l’espace, augmente la pression, rapproche du sommet… et du drame.
La verticalité structure la tension. Elle transforme un coopératif accessible en expérience presque théâtrale. On joue avec ses mains, mais aussi avec ses yeux et pas comme des pieds !

une ziggurat toute nette !
Dès l’ouverture de la boite , le décor est planté : une pyramide en volume, déjà montée, trône au centre de la boite. Oui, ça en met plein les yeux ( dommage que les stand up soit des stand up du coup…)
Le premier chapitre rassure. Règles simples, tours fluides, presque enfantins. Puis les enveloppes s’ouvrent, les couches se superposent, et l’ascension devient affaire de coordination. On parle, on planifie, on négocie. Coopérer n’est plus une option, c’est une nécessité.
la difficulté est accessible et bien calibrée.
Narrativement, on reste sur un fil léger. Quelques twists, juste assez pour éviter la redite. Le vrai moteur, c’est la découverte. Ouvrir une enveloppe, coller un autocollant, sentir le jeu se transformer sous ses doigts. Car oui, on colle. Partout. Définitivement.
Ziggurat assume son destin : six chapitres, une dizaine de parties, et puis s’en va.
Entre adultes aguerris, la structure peut sembler sage. La profondeur reste mesurée, la tension contenue. Mais en famille, la magie opère. On enchaîne les chapitres, on partage l’effort, on construit un souvenir.
Ce n’est pas un monument stratégique. C’est une aventure familiale, là ou il y a du dragon, il y a du plaisir.
| ✅ Points forts | ❌ Points faibles |
|---|---|
| Présence matérielle forte : la ziggurat en volume attire immédiatement l’œil. | Rejouabilité limitée : campagne courte, matériel modifié définitivement. |
| Excellent coopératif familial : communication et coordination naturelles. | Profondeur stratégique mesurée : peu de dilemmes corsés pour joueurs experts. |
| Montée en complexité progressive : apprentissage fluide, idéal intergénérationnel. | Narration légère : thème davantage fonctionnel qu’immersif. |
| Plaisir de la découverte : enveloppes, surprises, évolution tangible du jeu. | |
| Tension accessible : pression présente mais jamais punitive, quoi que.. |
ZIGGURAT
| 🏷️ Élément | 📌 Information confirmée |
|---|---|
| ✍️ Auteurs | Matt Leacock & Rob Daviau |
| 🎨 Illustrateur | Cory Godbey |
| 🏢 Éditeur | Mindware |
| 👥 Joueurs | 2 à 4 joueurs |
| 🎂 Âge | 8 ans et + |
| ⏱️ Durée | 30 à 60 minutes |
| 💶 Prix | 38 € |


