Galèrapagos

C’est le début de la faim…

La mécanique est très simple mais le jeu n’est pas là, il est dans le roleplay et l’ambiance. C’est drôle et enjoué et rapide, c’est clairement à essayer

Après le naufrage de votre bateau, votre groupe de survivants se retrouve sur une île déserte où l’eau et la nourriture se font rares. Seule solution pour échapper à ce cauchemar : construire ensemble un grand radeau pour embarquer les survivants, mais le temps presse car un ouragan pointe à l’horizon…
Chaque tour, les joueurs naufragés devront choisir une action parmi quatre : pêcher, recueillir de l’eau, chercher du bois pour le radeau ou fouiller l’épave du bateau pour y trouver des objets plus ou moins utile. Faites équipe pour survivre mais soyez prêt à sacrifier vos camarades en cas de pénurie.
Un jeu presque coopératif où vous devrez être aussi fourbe que diplomate pour vous garantir une place pour le voyage retour !

Il n’a fallu que 5/100èmes de seconde à Jude_Maw pour expliquer le jeu. Mais revoyons la même scène au ralenti :

En début de tour, on pioche la carte météo : elle indique le stock d’eau que les joueurs pourront prendre en effectuant cette action. Par contre, si cette carte est la carte « ouragan », cela annonce la fin du jeu.

A tour de rôle, chaque joueur effectue une des 4 actions : 
– Pêcher du poisson pour manger, pour cela on tire une boule dans le sac et on récupère autant de poissons que dessinés sur la  boule.
– Vous pouvez aussi récolter de l’eau potable, pour ce faire, c’est plutôt simple, il suffit de le dire ! Vous avancerez le stock d’eau du nombre indiqué sur la carte Météo. Les cartes Météo vont de zéro à trois. Quand c’est trois, c’est le bonheur, quand c’est zéro, la panique se lit dans les yeux des joueurs.
– Vous pourrez aussi chercher du bois pour construire le radeau, Le joueur actif va alors annoncer combien de morceaux de bois il veut ramasser. Le premier morceau est offert par la plage, c’est cadeau. Par contre, pour les suivants, il faut piocher une boule dans le sac par morceau de bois supplémentaire. Si elles sont blanches, le joueur avancera la construction du radeau d’autant de case. Toutes les six cases, soit un tour de piste, on pioche une carte radeau concrétisant le nombre de place sur le radeau. Par contre, si c’est la boule noire qui est piochée (Mo-Mo-Motus !), il n’y a pas de récolte, et en plus le joueur est mordu par un serpent, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Le joueur est considéré comme malade jusqu’à la fin du tour suivant.  Véritable boulet pour le groupe, il ne peut plus participer au vote ni aider, mais par contre, il doit tout de même être nourri !
– Pour la dernière action, c’est la fouille de l’épave du bateau, elle permet de piocher une carte qui va peut être donner un petit coup de pouce au destin. Cette action peut vous sauver la vie, mais elle n’aide clairement pas le groupe à proprement parler. Vous y trouverez armes, eau, balles, nourriture ou truc qui sert à rien, cette action amène suspicion et du coup, c’est le début de la fin.

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

D’ailleurs, à la fin du tour , les naufragés doivent boire une unité d’eau et manger une unité de nourriture. S’il n’y a pas assez de nourriture ou d’eau pour tout le monde, c’est le drame ! Les joueurs doivent voter à main levée pour savoir qui sera sacrifié.  Les discussions seront de mise pour sauver sa peau et trouver le coupable idéal. On pourra passer des pactes qu’n pourra trahir quelques secondes plus tard.C’est là où les cartes Epave peuvent vous aider.

Tout allait bien et puis d’un coup pouf, ça a basculé !

S’il manque deux unités d’eau, on pleurera deux fois nos morts. Mais du coup il y aura peut être assez de nourriture pour survivre du coup : Lors de l’arrivée de la carte météo Ouragan, le dernier tour de jeu est déclenché. Il vous restera un tour pour quitter L’île. Il faudra alors autant de places sur le radeau que de joueurs encore vivants. Sinon, c’est le vote. Et évidemment il faut une portion d’eau et de nourriture par survivants pour la traversée. Sinon, c’est la même peine : c’est le vote et c’est irrévocable !

Vous avez perdu des amis ? Ne vous laissez pas abattre !

Oui, Galèrapagos est plus un jeu d’enfoirés que stratégique. On a beau s’entraider, collaborer, on se tirera dans le dos, on forgera des alliances très éphémères, on se fera de jolies promesses que l’on tient ou pas… il est évident qu’il y aura de l’orage dans l’air et s’il y en a pas, tout le monde sera désappointé.
Le seul hic du jeu, c’est que les joueurs éliminés doivent attendre que la partie se termine. C’est toujours délectable de voir les autres se mettre dessus, mais y participer est tout de même plus jouissif.
Galèrapagos est jeu hyper simple, il  prend toute sa dimension lorsqu’on est nombreux. Il faut l’avouer, ce qu’on aime, c’est quand on se fout sur la gueule. c’est ce qu’on cherche pour voir ce qui se passe autour de la table. Quand ça se passe trop bien, on est déçu.
Un mot sur le matériel, il est plutôt sympa avec une touche d’originalité, les boules en bois dans le sac de jute font leur petit effet.

Immoral, donc drôle
Jeu plutôt rapide  
Simplicité des règles
Matériel original
Rejouabilité
Répétitif
Les morts contemplent
Faut pas être moins de 7
Si ça se passe bien, le jeu ne passe pas !

Galèrapagos
Un jeu de Laurence et Philippe Gamelin
Illustré par Jonathan aucomte
Édité par Gigamic
Distribué par Gigamic
De 3 à 12 joueurs
A partir de 8 ans
Durée : 20 minutes
Prix : 19€

 

Esclave pigiste depuis l’éternel, je suis le bras droit cassé de croque monsieur depuis 20 ans ( il sait rien faire seul !). Épicurien ludique, je prône avec le plus grand sérieux la lenteur, la beauté, l’originalité et le plaisir ludique. En tant que kubenbiste averti, j’en vaux deux. Guide spirituel du Grand Meeple, je tente de transformer des lots de dés en vain, de multiplier les cubes et de sauver l’avis de mes collaborateurs en toute modestie bien sûr.