Totem, un jeu qui nous veut du bien

Totem est un jeu qui a pour ambition de nous “faire du bien” et qui est bien plus qu’un jeu où on doit “scorer pour l’emporter”. Pas de brique, de bois ou de pierre pour avancer.

L’équipe Totem, c’est le nom de l’éditeur, nous vient tout de droit de Chicoutimi sur les rives de la rivière Saguenay au Québec. mais c’est donc à Cannes que j’ai eu, avec mon esclave acolyte de Jude_Maw, le plaisir de rencontrer l’équipe Totem. Des québécois donc, et ça ne pouvait que bien se passer.

C’est, pour moi, l’une des rencontres les plus sympathiques du salon de Cannes. Vous savez, le grand rassemblement autour du Jeu de société juste avant le confinement. Un endroit où tout le monde avait pour consignes de sécurité de se serrer les paluches (voir plus) et de mettre au minimum 2 cm de distance avec son interlocuteur. 4 cm avec les interlocutrices parce qu’on ne veut pas d’ennui.

Dans Totem, nous sommes plutôt dans un jeu du même type que feelings (que j’apprécie toujours). C’est-à-dire un jeu de développement personnel. Je dois avoir un truc avec ce genre de jeu. J’aime pourtant pas les gens dans l’ensemble, mais les personnes, l’être unique, oui.

Le concept de Totem est de jouer deux cartes qui, combinées, vous donneront votre…totem. Votre totem se compose d’un animal et d’une qualité. Et c’est toujours bienveillant. Jamais dans la moquerie ou, pire, le mépris de l’autre.

Exemple prit au hasard des cartes qui sont devant moi : “Koala précis“.

Voilà pour l’idée générale.

Sauf pour “humain idiot”, au fond de la classe, qui croit tout savoir, il est évident que c’est un peu plus poussé que le simple fait de poser deux cartes.

Connaître les règles d’abord

Ça se joue en deux étapes à la mécanique similaire. La première de ces étapes est de définir quel animal sera dans votre totem. La seconde sera de déterminé votre qualité.

Pour se faire, vous allez choisir parmi une main de 7 cartes, un animal qui défini le mieux la personne dite “receveuse”. Cette dernière est un peu dans l’attente de vos choix à ce moment là.

Admettons que l’on soit 5 joueurs, il y a donc un “receveur” et quatre autres joueurs. Ces quatre-là vont donc choisir de leur main une seule carte animal qui, selon eux, représente le plus ce que “est” le receveur et la lui donner face cachée.

Une fois toutes les cartes jouées, le receveur les brasse (les “mélange”, mais au Québec ont dit “brasser”) et les place, face cachée, devant lui. Les cartes sont placées dans l’ordre de ce qui lui semble (ou qu’il croit être) le plus “vrai” le concernant. Cette phase étant assez rapide c’est la suivante qui devient vraiment intéressante.

Connaître les autres

En effet, au fur et à mesure, le receveur va révéler dans l’ordre la carte qui semble la moins lui correspondre, jusqu’a celle qu’il estime être la plus en phase avec lui. À chaque révélation, la personne qui lui a attribué la carte dévoilée explique en quelques mots pourquoi il a fait ce choix. En gardant bien l’idée de base du jeu que l’on se dit des choses bienveillantes. En lien avec la carte.

Et je vous promets que c’est très étonnant, parfois gênant et étrange comme sensation que de recevoir des compliments ou des louanges, si minimes soient-ils, de nos proches, amis ou personnes de notre entourage proche. Faut laisser tomber nos “défenses” et “réserves” d’humains (occidentaux) formatés à toujours être dans la compétition à outrance. Ce n’est pas le cas ici. Et ça fait du bien à tous. Vraiment.

Alors, c’est bien beau tout ça, mais une fois toutes les cartes révélées ce n’est pas au receveur de choisir quel animal il va garder. Que nenni ! Ce sont les autres joueurs, de concert, qui vont déterminer quel est l’animal qui correspond le mieux à la victime personne qui reçoit.

Une fois accompli, on refait exactement le même principe avec les cartes “qualité”.

À la fin, on a notre totem et la partie s’arrête. Il n’y a pas de gagnant et ce n’est pas ce qu’on cherche ici. D’une partie à l’autre notre totem évolue forcement entre les aléas de la pioche des cartes et des joueurs avec on joue.

Se connaître en jouant

Selon les concepteurs, c’est sous forme de jeu que l’on peut se dire des choses bonnes les uns envers les autres. Dans notre société qui bat méchamment de l’aile en ce moment, où tout le monde est ultra connectés, la communication avec nos proches (famille, amis, collègues…) est constamment mis en danger. On se fait plus de reproches que de compliments. C’est sans doute d’une naïveté confondante à dire comme ça, mais pensez-y.

Car si nous sommes tous le con de l’un, on peut être aussi le héros de l’autre, et souvent d’un proche qui ne le dis sans doute pas assez. Mais qu’importe, même par l’intermédiaire d’un jeu (outil de développement personnel), il faut se le dire aussi et pour ça il faut se connaitre et arrêter d’être con.

• Pour se connaître soi-même
• Pour apprendre à (re)connaître ses proches
• Plus qu’un jeu, un outil d’aide à la communication
• Parties rapides
• Ne plaira pas à tout le monde pour sûr
• On ne passera pas la soirée dessus (mais les choses seront dites)
 
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