Feelings, une seconde édition réussie

Un petit coup de cœur aujourd’hui avec Feelings. Jeu que j’ai eu le bonheur de (re)découvrir lors de mon passage à Essen. En effet, ce jeu de Jean-Louis Roubira (Dixit) et Vincent Bidault  et originalement illustré par Franck Chalard, en est à sa deuxième édition chez Act in Games.

Le cœur au bord des lèvres

Dans Feelings, très en marge des productions actuelles car on est presque dans une certaine introspection, les joueurs vont devoir parler de leurs sentiments. Ou plutôt les exprimer tout en prêtant attention aux autres.

En effet, pour ne pas faire l’égoïste nombriliste, le joueur, sur la même question, devra aussi essayer de deviner (ou comprendre) ce que ressent l’autre (un coéquipier qui change à chaque manche). C’est énorme tout en étant malheureux en même temps. Énorme parce qu’on s’intéresse aux autres, mais malheureux parce qu’il faut un jeu pour nous rappeler cela.

Et comment que ça fonctionne ?

C’est très simple. Une question (sur différents thèmes et à diverses “échelles sociales” comme “les amis”, “la famille”, “à l’école” – pour les plus jeunes-) est posée par un joueur. Ensuite, chacun des joueurs, via les différentes “émotions” au centre de la table (8  différentes), jouera pour lui une carte numérotée de 1 à 8 (+ un joker) qui correspond à l’une des émotions proposées.

Après “s’être exprimé”, une deuxième carte doit-être jouée par le joueur pour essayer de deviner le sentiment de son coéquipier. Il pose alors l’une de ses cartes numérotées (ou le joker si c’est le même numéro qu’il a déjà joué pour lui) devant son coéquipier.

Miroir intérieur

Les cartes sont ensuite révélées et on “compte” les points. Le score n’est pas le plus important dans Feelings, loin de là. Mais si vous devinez le sentiment de l’autre, vous marquez un point. Et si vous deux, vous vous devinez simultanément, vous marquez chacun trois points. Ça c’est pour le côté “maths” du jeu. Parce que ce qui est essentiel, c’est d’à chaque tour expliquer son ressenti (sa réponse à la question). Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il faut essayer de jouer juste. Juste avec soi-même, et sincère avec son coéquipier.

Feelings, c’est s’exprimer, s’ouvrir, tout en prenant en compte les ressentis des autres. Et essayer de les comprendre. Il n’est pas facile de jouer à ce jeu avec d’illustres inconnus, mais c’est super intéressant, tout comme ça l’est en famille (pour désamorcer un conflit, un mal-être, ou pour simplement communiquer…) car il peut permettre l’ouverture d’une brèche pour un dialogue quelconque et parfois nécessaire.

Extra-terrestre ludique, j’espère qu’il trouvera son public. Car plus qu’un jeu, Feelings est un outil (tel est sa fonction première au moment de son élaboration) qui nous fait jouer un rôle hyper important : le nôtre.