Watergate, un(e) s(c)andale pour deux

Nous sommes en 1972. La plupart des américains pensent encore que la terre est plate et que Neil Armstrong est un obscur acteur de studio. Les pattes d’eph’ et le disco sont à la mode, on peut fumer des barreaux de chaise, peinard, dans les salles d’accouchement et Pink Floyd enregistre sa galette (complète) “Dark side of the moon”.

Aussi, en juin de cette même année, dans l’archi-moderne complexe du Watergate de Washington, 5 charlots se font choper dans ce qui semble être un cambriolage de “troisième ordre” au sein du QG du comité National démocrate.

Cependant, 2 journalistes du Washington Post (Bob Woodward et Carl Bernstein) sont bien curieux et trouvent cette affaire bien étrange…

Mais revenons au jeu. Watergate est un jeu de carte pour 2 joueurs, asymétrique, originalement édité en allemand par Frosted Games et présentement édité en français par Iello.

L’auteur est Matthias Cramer, visiblement bien aidé par Viktor Kobilke (peut-être “gorge profonde”) pour les règles.

Les illustrations sont des photos d’archives et mettent clairement les joueurs dans l’ambiance (oui, oui pattes d’éph’, brushing et rouflaquettes)

La boite à le côté visuel “Black mirror” (la série) dont j’aime bien les malaises qu’elle suscite.

Suivez l’a(r)gent

Les présentations étant faite, vous allez incarner soit l’administration Nixon et tenter de nettoyer tout ce bordel pour mener à bien votre campagne de réélection, soit jouer les journalistes et faire la lumière sur ces agissements fripons et cachotiers des politiciens à l’insu de leur plein gré.

Qu’on se rassure, c’est comme les ovni, les politiciens incapables et corrompus, ce n’est qu’aux États-Unis (et peut-être à Levallois… mais ça reste à prouver).

Watergate, jeu asymétrique comme je vous le disait plus haut, c’est un affrontement direct où selon le côté que vous incarnez, vous allez devoir découvrir des preuves ou, a contrario, les masquer et les faire disparaître.

Ajoutez à cela, que vous aurez aussi à gérer l’Opinion publique (pour la réélection ou pour l’ouverture d’un procès) et l’initiative (pour devancer son adversaire).

Gorge profonde

Un plateau de jeu sépare les deux partis. Un sachet de tissu noir cache des pions “preuve” de différentes 3 couleurs (mais dedans il y a des bi-goût) et 7 tuiles photos des suspects sont à disposition des joueurs.

Chacun a une vingtaine de cartes qui ont toutes en commun un chiffre en haut à gauche et un pictogramme “preuve” de couleur. Cette partie supérieure de la carte permet mécaniquement de déplacer une preuve (de la couleur de votre carte) ou l’un des pions “opinion” ou “initiative” de votre côté. L’une des mécaniques est donc, à proprement parlé, de tirer la couverture à soi.

La partie inférieure de la carte est un événement ou une action (journaliste ou conspirateur) dont il faut simplement suivre les instructions.

Les règles sont très simples et facile à appréhender (j’emploi ce mot savant à chacune de mes chroniques, ça fait classe) et je ne vais pas m’attarder dessus. Mais le top dans ces règles, c’est tout le résumé de l’affaire avec les protagonistes que l’on joue et tout le contexte de cette sordide affaire aux multiples scandales : c’est fabuleux et intéressant (pas les scandales hein, je parle de l’historique) !

L’administration Nixon gagne si elle récupère 5 pions “opinion” et les fouilles-merde journalistes l’emportent s’ils arrivent à lier au moins deux suspects au président sur leur tableau des preuves et ainsi le pousser, gentiment, vers la sortie.

Humeur Radieuse

Après plusieurs parties et la compréhension des moments où il faut jouer des cartes, nous avons à faire à un jeu haletant, tendu, serré, et où, sans perdre votre objectif premier, vous avez plus qu’intérêt à ce que votre adversaire ne fassent pas les siens. Un dilemme (du roi) à chaque carte jouée.

La facilité mécanique et l’ambiance visuel que dégage Watergate ne doit pas occulter cette incroyable profondeur tactique car la stratégie à long terme est impossible. Nous sommes quasiment que dans la réaction du mouvement adverse et les sacrifices que l’on se doit de consentir parfois pour remplir ses objectifs peuvent être la signature de votre propre acte de décès (façon de parler).

On a le palpitant qui monte au plafond et on sue à grosses gouttes (mais c’est parce qu’en Bretagne on dépasse les 19° sans vent au moment caniculaire où ces lignes sont écrites).

Sans contestation, Watergate est une réussite ludique dans sa conception et dans le plaisir qu’il procure tant il semble se rapprocher d’une partie d’échec (dans l’idée d’affrontement pour faire tomber le roi… hein…) où presque tous les coups sont permis.

 

10 Intérêt ludique

10
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