EXODUS : Seeders from Sereis, la république dans l’Arche

exodus : seeders from sereis

Sweet Games nous propose, avec sa première grosse boite Exodus, de vivre une aventure transhumaniste et futuriste dans un univers fort et dense. Dans Exodus on vous propose d’incarner un architecte capable de réaliser, dans l’urgence et contre les manœuvres de ses concurrents, une arche pour sauver ses semblables d’une terrible menace…

Mille cinq cents ans après avoir quitté la terre des humains ont colonisé diverses planètes à travers les galaxies. Même si l’humanité n’a que peu changé dans sa forme, le fond de son organisation et les rapports entre les classes ont été entièrement transformés.

De classes, on passe à des castes. Mieux vaut faire partie de l’une de ses castes. Cette nouvelle civilisation sème les graines d’une nouvelle humanité sur les différentes planètes où elle arrive à s’implanter, favorisant ainsi son expansion.

Mais c’est sans compter sur une force noire (et obscure), dont personne ne sait d’où elle vient, qui détruit les planètes de l’empire Seeders une à une sur un axe bien précis. Et il se trouve que la prochaine planète sur sa trajectoire n’est autre que Sereis…

Vous êtes donc, en tant que joueur, l’un des architectes de la planète Sereis capable de construire une arche qui pourrait, après sa mise en production industrielle, sauver le plus de personnes. Mais vous n’êtes pas le seul. Vos rivaux useront de leur force et d’intrigue pour vous empêcher d’avoir les faveurs des puissants dignitaires humains…

Beau comme Optimus Prime

Exodus est une grosse boîte pesant son lot de cacahuètes. Elle est superbement illustrée par François Baranger (artiste mais aussi écrivain – voir Dominium Mundi dans L’encéphalo N°5) et les vernis sélectifs subtils et nombreux donnent un côté visuel qui ne laissera pas de marbre un(e) vrai(e) fan de SF. Comme le diraient des jeunes des années 80, ça en jette !

À l’intérieur, sous tout ce matériel, il y notamment trois paquets de cartes qui n’ont pas à rougir de leurs qualités visuelles indéniables. Elles sont quant à elle signées Gaël Lannurien (Les inventeurs, cardline, Amun-Re, …). Gaël a su s’approprier le thème et l’ambiance de ce jeu au background énorme. Même les cartes (françaises) et le plateau (recto-verso) ont droit à leur vernis sélectif !

Le plateau a une face optimisée pour deux joueurs et l’autre pour 3 et 4 joueurs. Ajoutez à cela 4 plateaux personnels, des cubes d’influence, des gemmes de ressources, divers pions d’amélioration, de geôlier et de mutants (youpi !), et enfin des disques translucides de couleurs représentants vos négociateurs. Le tout est, comme l’orchestre, splendide !

Qui sème le cube…

Les présentations étant faites, on va s’intéresser succinctement à la mécanique du jeu. Exodus fonctionne par une suite logique de trois grosses phases. Gardez aussi à l’esprit que vous commencez la partie sans carte ni ressource.

La première vraie phase de jeu (on ne compte pas la phase d’entretien) consiste en un draft de 4 cartes. C’est simple et ça permet de récupérer 4 nouvelles cartes potentiellement plus intéressantes pour vous qu’en début de tour. S’en suit la « phase de négociation » qui est le cœur même du jeu.

Rassurez-vous, cette phase, qui demande malgré tout un peu de temps de réflexion, n’est pas un calvaire pénible où vous allez débattre pendant des heures comme son nom pourrait le laisser entendre. C’est bien plus simple que ça (et moins prise de tête). Vous jouerez l’un de vos négociateurs (les disques translucides) entre deux cartes disposées sur le plateau pour tenter d’y placer le plus de cubes d’influence à côté de ces dernières. En fin de phase, chaque carte est remportée par le joueur majoritaire (en nombre de cubes d’influence autour d’elle). Il y a moult subtilités simples à comprendre lors de cette phase, dont les égalités, mais je ne vais pas vous refaire le livre de règle.

Une fois cette phase accomplie, nous passons à la suivante, bien plus concrète car chaque joueur y jouera (enfin) les cartes parfois chèrement acquises. Ainsi que les capacités de ses nouvelles cartes. Enfin, bref, le joueur actif fait tout ce qu’il peut durant son tour de jeu. C’est d’ailleurs durant cette phase qu’un joueur pourra récupérer un peu de ressources, en recyclant des cartes, avant de pouvoir en jouer.

Et pour conclure un tour de jeu dans cette mécanique des phases, la dernière est une phase courte appelée la « phase de prestige ». Durant celle-ci, et grâce aux cartes, les joueurs vont pouvoir marquer plus de points. Et on repart encore pour trois tours supplémentaires (qui font 4).

…récolte le prestige

Exodus est un jeu très beau, dont l’ensemble des mécaniques sont simples à appréhender. Avec une réelle courbe d’apprentissage pour en maîtriser un peu les subtilités et les combos possibles entre les cartes, vous pourrez dès le second tour fourbir vos plans les plus machiavéliques. Selon les possibilités qui se trouvent face à vous bien entendu.

Les interactions devront être présentes. Elles devront même être provoquées par les joueurs pour éviter la mauvaise surprise du joueur discret qui risque de vous mettre 60 points dans la vue si on ne s’occupe pas de lui.

PS : une extension, avec une septième faction (les Quincailleurs), est en préparation pour 2018. Joie !

Une entrevue avec Serge Macasdar, créateur du jeu, est à lire ici.

EDIT : 2021 – C’est long et on va espérer que ça va être bon. Les extensions tant promises devraient arriver avant l’été.

Article sur “EXODUS : Seeders from Sereis” est paru dans le numéro 11 de l’Encéphalovore (à télécharger ici).

 
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Pour un premier jeu de Serge Macasdar, Exodus : Seeder from Sereis (episode 1) est quasiment un coup de maître. Des phases faciles à comprendre et qui s’enchaînent avec subtilité permettent de plonger rapidement dans ce jeu — et cet univers exaltant.

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Rédigé par
Du rab de Draft Punk
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