Un nombre planqué au milieu d’un paquet de cartes. Cinq indices pour le confondre. Pairs, impairs, multiples, nombres premiers : chaque défi transforme la table en salle d’interrogatoire, et c’est votre cerveau qui tient le poste. Accessible dès 8 ans, redoutable pour tout le monde.
Juan Carlos Ruiz et Raul Lopez signent leur deuxième passage chez nous, toujours chez MJ Games. La dernière fois, c’était D Code , une déclaration d’amour au solo pur. Cette fois, illustration signée Carol-Ann Robillard (pas Léa Wojcik, donc), et surtout : on peut enfin être plusieurs à souffrir à plusieurs !
Sur la table, 42cartes numérotées. Quelque part là-dedans, un nombre secret. Chaque défi balance cinq indices à décortiquer un par un : parité, dizaines, unités, suites, multiples, facteurs, nombres premiers ou carrés. À chaque indice, on élimine les candidats qui ne collent plus. À la fin, il n’en reste qu’un. Ou vous vous êtes trompés en route, ce qui arrive plus vite qu’on ne le pense.
48 cartes-défis réparties en 4 niveaux de difficulté croissante. Seul face à ses certitudes, en coopération pour mutualiser les cerveaux, ou en équipes pour transformer la déduction en compétition. De 1 à 10 joueurs, ce qui en fait un des rares jeux de logique capables de tenir une tablée entière.
Le squelette, c’est de la déduction pure. Cinq indices, cinq filtres à appliquer dans l’ordre, chacun réduisant le champ des possibles. Pair ou impair. Chiffre des dizaines. Multiple de tel nombre. Nombre premier ou carré. Rien de nouveau pris isolément, mais l’empilement des critères, lui, fait le travail.
La difficulté ne vient pas de la complexité des indices mais de leur superposition : un indice tout seul est trivial, cinq indices croisés forcent à tenir plusieurs contraintes en tête en même temps. Les 4 niveaux montent crescendo là-dessus, du niveau où on élimine par élimination bête au niveau où il faut littéralement recompter trois fois avant d’oser répondre.
Le vrai coup de génie, c’est la scalabilité sociale. En solo, c’est un carnet de logique classique. En coopératif, les indices se discutent à voix haute et le jeu devient un exercice collectif de vérification croisée : quelqu’un élimine un nombre, quelqu’un d’autre vérifie que c’est justifié. En équipes, ça devient une course : qui élimine le plus vite sans se planter. Même matériel, trois expériences complètement différentes.

Sur le papier, le mécanisme est irréprochable. En pratique, ça avance en ligne droite. Une fois qu’on a compris comment croiser les indices, les 48 défis suivent une courbe de difficulté prévisible : plus une question de patience que de vraie découverte. Le jeu empile des couches, il n’invente pas de nouvelles idées en cours de route.
Là où ça se réveille, c’est en duel. Deux équipes qui traquent le même nombre en parallèle, avec la pression de trouver avant l’autre camp : la déduction devient soudain nerveuse. C’est le seul mode où le jeu cesse d’être un exercice pour devenir une vraie partie.
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Scalabilité rare : solo, coop ou équipes, de 1 à 10 joueurs | Progression linéaire, sans vraie surprise passé les premiers défis |
| Le mode duel transforme la déduction en vraie tension compétitive | Une fois un défi résolu, plus rien à en tirer |
| 4 niveaux de difficulté qui accompagnent la progression sans frustrer | Zéro thème, zéro narration : de la pure mécanique |
| Excellent outil pour travailler la logique en groupe (classe, atelier) | Hors duel, ça reste un exercice plus qu’un jeu |
| Règles limpides, en table en moins de 2 minutes | Le fond de jeu ne se renouvelle jamais vraiment |
Secret Numbers
| Auteurs | Juan Carlos Ruiz, Raul Lopez |
| Éditeur | MJ Games |
| Joueurs | 1 à 10 |
| Âge | Dès 8 ans |
| Durée | Moins de 30 min |
| Prix | 15,90 € |



