Après Le Froid Éternel, Iello nous renvoie dans l’univers d’Andor avec un stand-alone qui n’a besoin de rien d’autre que lui-même. Sept légendes, un plateau recto-verso, et toujours cette manie qu’a le Narrateur d’avancer pendant qu’on hésite entre deux héros. Et on est toujours fan !
Michael Menzel, né en 1975, a d’abord peint les mondes des autres. Formation technique, quelques années de jeu vidéo, puis l’illustration par accident. Manga Manga chez Kosmos, son premier contrat. Il enchaîne, plus de trente jeux, une dizaine d’éditeurs. Son trait, tu l’as croisé sur Catane sans le savoir.
Puis en 2012, il arrête de prêter son pinceau et se met à écrire. Andor sort, son tout premier jeu en tant qu’auteur. Pas illustrateur cette fois : auteur.
Kennerspiel des Jahres 2013 dans la foulée. Bien joué !
Depuis, il n’a jamais vraiment quitté ce royaume, il l’agrandit. Andor reste son œuvre.
Terres Lointaines en est un nouveau chapitre.
Après Le Froid Éternel (https://www.lencephalo.com/andor-le-froid-eternel/), Menzel nous repousse encore plus loin sur la carte. Direction les steppes sauvages, là où les tribus se battent pour un bout de terre. Le Narrateur, cette saloperie de sablier narratif continue de vous presser…
Terres Lointaines est un stand-alone : pas besoin du jeu de base pour y jouer, pas besoin non plus d’avoir touché à un seul Andor avant. Sept légendes inédites, un plateau recto-verso qui change de visage selon l’histoire, et quatre héros fraîchement débarqués : la Dompteuse de feu, le Cavalier des steppes, la Guérisseuse et le Guerrier des montagnes, chacun avec ses Points de Force et de Volonté qui décident de ce qu’il vaut au combat.
L’objectif ne bouge pas d’un Andor à l’autre : défendre, ici l’Antre des Grehon, pendant qu’on remplit des missions qui font avancer la légende. Sauf que cette fois, ce sont les cartes Événement qui tiennent les créatures en laisse ou plutôt qui les lâchent, puisque leur verso détermine l’ordre dans lequel elles se déplacent.
Tout tourne autour du temps, comme toujours chez Menzel. Chaque journée t’offre 7 heures d’action : se déplacer, combattre, accomplir une tâche et si ça ne suffit pas, tu peux en grappiller un peu plus en tapant dans ta Volonté. Sauf que la Volonté, c’est aussi ce qui détermine combien de dés tu lances au combat. Donc chaque heure gagnée, c’est un peu de puissance en moins. Rien n’est gratuit, jamais.
Les combats se règlent simplement : tu lances tes dés, tu ajoutes ta Force, tu compares au score de la créature. Tu peux te grouper avec d’autres héros pour un combat collectif, chacun apporte sa Force et ses dés, mais tous ceux qui participent perdent du temps, et seuls ceux encore présents à la fin touchent la récompense. Traduction : l’entraide a un prix, et il n’est pas symbolique.
Et pendant que tu optimises tout ça, le Narrateur avance. Chaque victoire le fait progresser d’une case, et dans Terres Lointaines ce sont les cartes Événement qui décident, à chaque tour, dans quel ordre les créatures bougent.
Terres Lointaines ne réinvente rien, et c’est presque le principe. Menzel reste fidèle à sa formule : gestion du temps millimétrée, tension permanente entre efficacité et solidarité, et ce Narrateur qui n’attend jamais qu’on ait fini de réfléchir. Ce qui change, c’est le décor : les steppes remplacent les forêts et montagnes habituelles, et les cartes Événement introduisent une vraie incertitude sur le comportement des créatures.
Le statut stand-alone est un vrai argument : on peut entrer dans la légende sans avoir touché aux opus précédents. Et pourtant, même en connaissant déjà le monde par cœur, ça ne tourne jamais à vide. Le gameplay est quasiment identique d’un opus à l’autre, mais il évolue à chaque fois, juste assez pour ne jamais donner l’impression de rejouer la même partie. L’histoire avance, le monde qu’on connaît déjà reste agréable à retrouver, tout est fluide et ça se renouvelle, encore, sans forcer.
Bref : fan absolu, comme à chaque sortie de la gamme.
| Forces | Faiblesses |
|---|---|
| Stand-alone, accessible sans connaître la gamme | Structure et combats très proches des opus précédents |
| Cartes Événement qui cassent la prévisibilité des créatures | Peu de surprise pour les vétérans côté système |
| Le monde d’Andor, familier et confortable à retrouver | — |
| Gameplay qui évolue légende après légende sans se réinventer brutalement | — |
Andor : Terres Lointaines
| Auteur | Michael Menzel |
| Illustrateur | Michael Menzel |
| Éditeur | Iello |
| Prix | 44,90 € |
| Joueurs | 2 à 4 |
| Âge | Dès 10 ans |
| Durée | 75 à 90 min |
| Mécaniques | Gestion du temps, lancer de dés, campagne narrative |




